Shadowz, le nouveau partenaire monstrueux
d'Objectif Censier

Alors que Rage ! sortait en salles à la fin des années 1970, ses affiches françaises annonçaient tout un programme : “ Science-fiction ! Fantastique ! Épouvante ! ”. Vous retrouverez le tout, y compris ce film de David Cronenberg chez notre bien aimé partenaire Shadowz, plateforme de streaming proposant à ses spectateurs une solide sélection de cinéma de genre. 

        C’est loin d’être un constat révolutionnaire : les films de genre souffrent encore d’un flagrant mépris, souvent ramenés à une masse informe de productions grossières, hors de l’art. S’il est vrai qu’une pléthore d’œuvres oubliables y a fleuri, ce serait faire preuve de mauvaise foi que d’essentialiser le cinéma d’horreur comme un terrain plus propice qu’un autre à la médiocrité. Bien des chefs-d’œuvres verraient leur existence occultée et l’on pourrait retourner cette logique fallacieuse à d’autres genres en les résumant à ce qui se fait de plus mauvais chez eux. La comédie serait tristement insipide, raciste ou décérébrée… bien que certains Boon, de Chauveron ou Steketee ne nous aident pas dans l’abolition de ces préjugés. “ Dans notre pays, il y a une culture très forte du cinéma d’auteur et de la comédie populaire, et dès que l’on s’éloigne de cela, ça devient compliqué. Bien sûr, le cinéma de genre est du cinéma d’auteur, mais certains ne semblent pas encore le comprendre. ” explique Aurélien Zimmermann, chargé de projet au sein de l’équipe de Shadowz, dont l’une des missions est de combler sa quasi absence dans notre production cinématographique mainstream.

        Si Shadowz se définit comme la première plateforme de “ screaming ” en France, c’est en réaction à une sous-représentation, parfois maladroite, de ce cinéma de l’étrange sur les autres plateformes de SVOD. Le projet est né chez VOD Factory, société spécialisée dans ce domaine et dont l’équipe passionnée par cette frange filmique, tend à lui rendre ses lettres de noblesse avec un contenu somme toute ciblé. Après une campagne de crowdfunding fructueuse sur Ulule, la plateforme fut lancée et acquit rapidement le soutien de plusieurs figures influentes, du côté de la communauté cinéphile d’internet : Demoiselles d’Horreur, Le Fossoyeur de Films ou encore le collectif Panic! Cinéma.

        Bien qu’elle propose un contenu assez spécifique, Shadowz ne verse pas non plus dans le communautarisme, ne se cantonnant pas qu’à l’horreur gore ou au bis comme on pourrait se l’imaginer. Son catalogue présente une offre de plus de 300 longs et courts-métrages, s’enrichissant au fil des mois. Les films de genre y apparaissent dans toute leur diversité, des grands classiques tels que La Nuit des Morts-Vivants (George A. Romero, 1968), Les Frissons de l’Angoisse (Dario Argento, 1977), Ring (Hideo Nakata, 1998) et Old Boy (Park Chan-wook, 2003), aux pépites moins plébiscitées comme Le Carnaval des Âmes (Herk Harvey, 1962), Walkabout (Nicolas Roeg, 1971) ou La Planète Sauvage (René Laloux, 1973). Dans un soucis d’exhaustivité, je rajouterai que les amateur.ice.s de productions plus récentes y trouveront aussi leur compte avec entre autres The Raid (Gareth Evans, 2011), Mister Babadook (Jennifer Kent, 2014), Vampires en toute Intimité (Jemaine Clement & Taika Waititi, 2014), et qu’enfin, l’une des forces de la plateforme est de pouvoir y visionner des œuvres bien plus obscures, souvent les premières de grand.es cinéastes, notamment Fast Company (David Cronenberg, 1979), Nomads (John McTiernan, 1984) et Junior (Julia Ducournau, 2011). Qui plus est, cette logique est poussée si loin que Shadowz possède également des programmes exclusifs permettant la diffusion de créations d’amateurs ou indépendantes, souvent dénichées en festival, et son équipe n’écarte pas l’idée de produire des contenus originaux… lorsqu’elle en aura les moyens.

        L’initiative Shadowz a naturellement fait écho aux efforts mobilisés par les organisateur.rices d’Objectif Censier pour accompagner et permettre aux étudiant.es d’élaborer un contenu audiovisuel le plus librement possible. Le cinéma de genre est justement un bel exemple d’expression désinvolte, par sa capacité à aborder d’importants sujets par voies détournées, tout en étant particulièrement adapté au format court. S’associer à la jeune plateforme, pour deux jeux concours en décembre, s’est donc révélé une opportunité inestimable pour toute personne initiée ou curieuse de nourrir ses inspirations ou son court métrage pour le festival. Le premier était destiné à la communauté suivant l’association sur les réseaux sociaux avec un code d’une durée d’un mois gratuit à la clé, si l’on parvenait à deviner des photogrammes de films d’horreur. Le second, sous forme de tirage au sort, était réservé à celles et ceux ayant soutenu Objectif Censier par une contribution d’au moins 4€ sur HelloAsso ; six mois gratuits étaient alors en jeu. Plus encore, si vous êtes adhérent.e.s premium et que vous avez déja donné les 4€, vous pouvez dès maintenant bénéficier d’un mois offert grâce à un code général. Pour en profiter, merci de nous contacter à l’adresse suivante : festivalobjectifcensier@gmail.com.

Nous vous invitons, en définitive, à jeter un œil au site même de Shadowz dont nous vous glissons le lien juste ici, peut-être y trouverez-vous votre bonheur : https://www.shadowz.fr/home.

Rédigé par Alexandre Carretero

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