Rencontre avec Camille Périssé, responsable de l'atelier Préparation du festival

Chaque année, le festival Objectif Censier est orchestré autour de différents ateliers de réalisation portés par plusieurs enseignants de cinéma. Ces ateliers, tournés vers une consigne propre à chacun, permettent aux étudiants de réaliser ce qui est souvent leur premier court métrage. Aujourd’hui, rencontre avec Camille Périssé, responsable de l’atelier “ Préparation du festival ” qui nous fait part de ses différentes réflexions et de son rapport avec Objectif Censier

Votre atelier est celui de la préparation du festival, pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?
L’atelier de préparation du Festival Objectif Censier est un TD qui permet aux étudiants de Licence 3 cinéma audiovisuel d’apprendre à organiser différents événements et à mettre en place le Festival de fin d’année qui promeut les courts métrages réalisés lors des autres ateliers Objectif Censier. C’est un enseignement très pratique et que j’espère professionnalisant. Les étudiants sont invités à intégrer une équipe, à apprendre à faire par eux-mêmes, et à endosser des responsabilités. Le cours est divisé en différents sous-groupes de travail qui correspondent à différentes tâches que l’on retrouve dans les associations culturelles : protocole, partenariat, communication, graphisme et site internet. Chaque étudiant peut donc entrer en contact avec le secteur professionnel, se spécialiser dans des missions précises et, ainsi, apporter sa pierre à l’édifice. L’événementiel est une aventure forte, il y a une montée en pression qui, à la fois soude une équipe, mais oblige à acquérir très vite des réflexes de travail. L’échelle étudiante permet un climat bienveillant pour faire ses premières armes.

Quel est votre plus grand challenge dans la préparation de cette année ?
Il y en a en fait deux ! Mon premier challenge est que les étudiants gagnent progressivement en confiance pour gagner en autonomie. Le but de ce cours est vraiment d’apprendre en faisant, et en l’occurrence en préparant un événement important de la vie de notre département et de l’Université. J’espère qu’ils finiront l’année en étant fiers de l’identité qu’ils auront donnée à leur édition d’Objectif Censier.
Sans grande originalité, le second challenge de l’année est l’épidémie. Les contraintes sanitaires poussent le Festival Objectif Censier à se réinventer. Cette année est donc marquée par la refonte de notre site internet et le développement d’une rédaction à part entière. Ce sont des choses que je connais par mon parcours professionnel mais c’est un vrai défi de les mettre en place et surtout de les enseigner !

Vous dirigez l’atelier mais vous y contribuez aussi, quels sont vos rôles au sein de l’association ?
Lors des séances du TD du premier semestre, je coordonne la discussion pour faire le point sur l’avancée des différents pôles. On discute ensemble des missions à réaliser pour la semaine suivante et des façons de procéder. Ensuite chaque chef de pôle prend le relais sur les suivis des missions. En plus de ce regard global, je m’occupe plus particulièrement du pôle site internet. J’ai pris en charge la refonte technique et j’organise le travail des rédacteurs et des webmasters. Au-delà de cette charge de cours, je fais également partie du bureau de l’association. 

Quel est votre rapport au Festival Objectif Censier et depuis combien de temps y participez-vous ?
J’ai fait tout mon parcours universitaire à Paris 3 et je connais le Festival depuis mon arrivée. Lors de ma troisième année de licence, j’ai co-réalisé un film dans l’atelier Documenteur de Matthias Steinle qui a été projeté lors du Festival 2011. J’ai rejoint l’équipe Objectif Censier en 2019 en reprenant le cours d’organisation.

Cette année le thème du festival est « Vertige ». Auriez-vous un ou plusieurs films à recommander qui évoquent ce thème ?
Le thème m’évoque la sensation éprouvée devant les phénomènes récursifs. Je m’intéresse beaucoup à « l’effet Vache qui rit », aux dessins de MC Escher et à la profondeur de certains mouvements logiques. Mon travail de recherche porte justement sur le vertige provoqué par ces mises en abyme qui frisent le paradoxe au cinéma. La filmographie de Michel Gondry offre plusieurs exemples de boucles étranges vertigineuses avec des sautes de niveaux telles que l’on ne sait jamais où l’on se situe entre diégèse et « méta diégèse ». On retrouve aussi cela dans les scénarios de Charlie Kaufman et les réalisations de Spike Jonze.

Propos recueillis par Mattéo Feragus