La playlist vertigineuse #2

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En cette nouvelle année, l’envie de retourner au « monde d’avant » se fait d’autant plus pesante. Alors que la vie tente progressivement de reprendre son cours, nous, étudiants, demeurons en stagnation, isolés les uns des autres et simplement unis par vignettes interposées. Malgré la fermeture des bars et autres repères de prédilection, la musique, elle, continue de nous unir.

Je ne suis pas un caméléon de soirée, étant plutôt un lapin illuminé par les spots de lumière. Pourtant, plus les week-ends passent, plus je regrette ces moments de convivialité qui me donnaient la boule au ventre, où je mettais des heures à enfiler LA tenue et à réussir le trait d’eye liner. Se projeter dans la soirée dès le quai de métro bondé me manque après tout car, lorsque j’avais suffisamment pris confiance pour m’amuser aux côtés des autres, le plaisir était inégalable. Ce qui finissait par gagner le dessus, à me tranquilliser dans un état second, c’était la musique. Danser comme un pied, en cohésion avec la foule, est la plus belle ivresse qui soit.

À mon tour, donc, de vous faire danser à distance avec cette deuxième playlist Vertige. Comment se profile cette nouvelle balade musicale ?

Commençons par de l’électro Made in France. La sublime compositrice Irène Drésel accompagnera notre décollage, en direction des perturbations enivrantes de Gesaffelstein ou encore de Vitalic.

Notre parcours s’adoucira à travers les amourettes entrainantes de Rhye et Blundetto, mais cette escale onirique sera de courte durée. La voix poignante de Clara Luciani nous prendra de court. Sa vulnérabilité et son appréciation des petites choses dans Les fleurs donnent courage en ces temps où l’univers semble, en effet, se refermer sur nous.  Autre réponse face à la quête de sens, le je-m’en-foutisme scandé par le duo Odezenne, ode à une jeunesse furieuse et libérée.

Certains titres seront plus explicitement vertigineux : M.A.Y. In The Backyard de Ryuichi Sakamoto et Bird’s Lament de Moondog sont des morceaux qui s’emparent du corps et l’emportent dans des montagnes russes acoustiques.

Comme évoqué, cette playlist est une invitation au voyage, à la conquête de nouveaux territoires et d’un avenir meilleur (dans Swimming de Kero Kero Bonito par exemple). Pourtant, bon nombre de ces chansons décrivent le voyage comme une poursuite nostalgique futile, la poursuite d’une idylle inaccessible. Comme David Byrne des Talking Heads le souligne, la destination tant idéalisée risque d’être d’un ennui mortel, ou du moins un désenchantement. Ainsi, en cette crise, serait-il temps de se détacher du monde d’avant monté de toutes pièces et prendre en main notre monde tel qu’il est ?

Face à l’incertitude commune, une chose reste gravée dans le marbre : notre réunion très prochaine sur nos pas de danse convergents. D’ici là, à la manière du signe astrologique Bélier dont s’empare Gorillaz dans Aries, confrontons le temps présent la tête haute et les cornes levées avec assurance.

Bonne écoute !

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Rédigé par Molly Proctor

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